Les pelouses calcaires constituent la plupart du temps de petits paradis de biodiversité, en raison de la nature (calcaire) du sol qui leur confère des caractéristiques très particulières. Pour
peu que le soleil y soit généreux, il s'y développe une flore et une faune qui rappellent celles du pourtour méditérranéen.
Les pelouses calcaires ont été façonnées par l'action de l'Homme, qui en particulier y faisait paître ses moutons et ses chèvres. Si on n'y prend garde, elles risquent de disparaître, abandonnées
aux broussailles.
Si je vous dis thym, marjolaine, cigales, vous me répondez Provence, pas vrai?
Eh non! On est toujours en Lorraine! Car c'est bien le type de végétation qui trouve son bonheur sur ces sols. Côté faune, la cigale des montagnes est aussi répertoriée dans notre région.
Les "Vosges provençales".
Et là, je vous emmène précisément sur le plateau de Beauregard, à Maxey sur Meuse, juste au-dessus de Domremy la Pucelle. Venez au printemps ou au début de l'été, lorsque les orchidées sont en
pleine floraison.
Il faut grimper un peu au début, mais l’effort sera récompensé au centuple. Sur
ses 32,6 hectares le plateau vous révèlera ses trésors : une douzaine de variétés d’orchidées (Orchis militaire, Orchis pyramidal, Ophris bourdon, ...), anémones pulsatilles, lys
martagon, pinède spontanée,… le long d’un parcours de découverte ponctué de panneaux pédagogiques.
Si vous êtes attentif, ou patient, vous devriez dénombrer pas moins de 50 espèces de papillons. Et même voir des mantes religieuses.
N’oubliez pas de profiter du magnifique point de vue sur la vallée de la Meuse, Domremy et le Pays de Jeanne d’Arc, depuis la Chapelle de Beauregard (la bien nommée).
Ladite chapelle, d’ailleurs, datée du XVIè siècle et qui vient d'être entièrement
restaurée, mérite à elle seule le détour, avec son mur caractéristique recouvert de très anciennes tuiles écaille. Certaines de ces tuiles portent des messages de poilus de 14-18. A l’intérieur
se trouve une très belle piéta de 1,30m de hauteur, datée selon les écrits du XIIIè au XVè siècle.
Un vitrail situé au-dessus de la piéta rappelle sa légende. Gentes dames et damoiseaux,oyez la légende de la chapelle:
"Vers le milieu du Moyen-Age, un seigneur de Maxey, jaloux du trésor ( la statue ) conservée dans la chapelle résolut de l’enlever. Il s’en vint donc avec des gens et un chariot attelé de boeufs.
Le cortège, après avoir accompli l’enlèvement, redescend la colline. Arrivés sur le chemin plat, les boeufs refusent d'avancer. On les frappe, les aiguillonne, on se met en colère mais rien n’y
fait. Le seigneur, comprenant que le ciel s’en mêle, renonce à son projet et ordonne de rebrousser chemin. Aussitôt, les bêtes retrouvent leur vigueur et gravissent la côte afin de ramener la
statue à sa place."
La croix celte (leuque, plus précisément) qui se dresse non loin témoigne d’une occupation beaucoup plus ancienne du lieu, peut-être dès le IVè siècle avant Jésus Christ. Pas fous, les ancêtres!
Ils ont su choisir un endroit propice au culte, d'une sérénité surnaturelle, d'une beauté majestueuse.
Ce site préservé (Espace naturel Sensible) fait l’objet d’un partenariat entre le Conseil général des Vosges et le Conservatoire des Sites Lorrains. Et pour l'entretenir, on y a remis... des moutons!
Bonne balade, et faites-moi signe de là-haut: j'habite juste en-dessous!
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