Vous êtes-vous jamais demandé si votre chat était un être comme les autres? Oui, ce même chat qui est en train de cavaler sur votre clavier, vous obligeant à tordre le cou pour lire l'écran?
Vous avez déjà pensé: "il ne lui manque que la parole". Ou pire, "il n'a pas besoin de parler, il sait se faire comprendre!. C'est déjà trop tard... Vous êtes en son pouvoir! M'étant fait avoir
moi-même plusieurs fois, je me suis penchée sur le phénomène et vous livre ici le résultat de mes recherches et expérimentations, ainsi que de mes conclusions.
Le nom latin du chat est
Felis domesticus. Vous noterez au passage que dans l'histoire, le domesticus, c'est surtout vous. Nous, moi, tout individu qui se précipite pour ouvrir la porte
dès le premier "miaou", ou pour remplir la gamelle laissée vide (malheureux!) dix minutes. Qui reste une heure dans le rayon à chercher le meilleur paquet de croquettes qui conviendra à messire,
qui donne du 'mamour-petit-chéri-mon-bébé-ma-pupuce" toute la journée. Que celui qui n'a jamais succombé me jette la première baballe.
Un animal qui réduit ainsi la volonté humaine ne peut être que d'une race supérieure. Dans l'arbre de l'évolution, l'Homme et le Chat partagent la branche des mammifères. Puis il y a séparation des
genres, et l'Homme pense bêtement qu'il s'est hissé, à forces de branches par ci et par là, jusqu'au sommet de l'Evolution. Australopithèques, Cromagnons, Néanderthal seraient plus intelligents que
nos Felis domesticus adorés.
Regardez-les bien.
Vous y croyez, vous, que ces types-là auraient su ouvrir un frigo, ou habilement ouvrir le sac de croquettes par le fond, ou qu'ils auraient fait les difficiles sous prétexte que la litière n'était
pas toute fraîche?
Rappelons-nous qu'une des propriétés des chats, c'est de sauter de branche en branche. Je soupçonne donc qu'un ancêtre-mistigri a sauté dans l'arbre de l'évolution et a trouvé une branche au-dessus
de la nôtre, d'où il nous nargue de toute la candeur de son regard de velours.
De ce fait, un chat parvient à profiter de tous les progrès chèrement acquis par l'homme (le chauffage central, la couette holofill, la souris d'ordinateur) sans dépenser la moindre énergie,
et sans que l'Homme y trouve à redire et y trouve la moindre rémunération. Car il y a belle lurette qu'en échange, il ne nous aide plus à éradiquer les rongeurs, tout gavé de pâtées en gelée ou
fines boulettes en sauce ou tendres bouchées qu'il est.
Par ailleurs, doués de pouvoirs extra-sensoriels que nous ne possédons pas, ils savent tourner à leur avantage toutes les situations où on pourrait les croire en peine. Je pense ici à ce
que j'ai nommé "le paradoxe de Doudou" ou "syndrome de Cécile", qui fait que quoi que vous ayez décidé, si la bestiole n'a pas envie de se faire photographier, vous pouvez toujours vous brosser
(voir
Blog de Cécile). Alors même que les chats sont d'habitude plutôt cabots (autre paradoxe) devant un objectif .
Une variante de ce paradoxe est le "complexe du rendez-vous chez le véto" ou "principe de Philibert". Le scénario est simple: sachant que votre chapounou part toujours râouer* à la même heure et
revient de même au doux son de la gamelle, vous programmez votre rendez-vous chez le vétérinaire (avec une marge confortable de 30 minutes) de façon que dès le retour du félin, hop, on grimpe dans
la boiboîte à chachat et dans l'auto. Dans 90% des cas (j'ai vérifié), c'est précisément ce jour-là que Pupuce choisit pour vous poser... un lapin. Lapin qui, faut-il le préciser, n'a que
faire d'un rendez-vous chez le véto.
Même le modèle "Pépère tranquille" (type Prosper) sait attendre que vous ayez le dos tourné pour abattre le vase violet de la tante Ursule qu'il déteste (le vase, pas la tante Ursule. Quoique...).
Et lorsque vous vous retournez, sans qu'il ait l'air d'avoir bougé, au milieu des débris, il vous terrasse de son regard d'innocent : "Moi? Pas touché ce truc!".
Dans un autre registre, le théorème de Victor illustre une propriété rare chez le chat: "tout chat plongé dans un récipient d'eau froide finit par tranformer la cuisine en pataugeoire."
Propriété souvent assortie de la capacité à nous faire comprendre qu'il est impératif de lui ouvrir le robinet.
Bref, la raison d'être du chat est de grimper encore sur l'échelle de l'Evolution et de passer du genre "
Felis" au genre "
Felix" (qui veut dire
heureux en latin), et ceci
en exploitant éhontément les moyens humains (nous) mis gratuitement à leur disposition.
Le paradoxe de l'histoire, c'est qu'on ne leur en veut même pas. Car ce bonheur qu'ils nous extirpent, ils nous le rendent... au centuple!
Pour Méphisto, Stanislas, Hugo, Philibert, Prosper et Victor
*
râouer: terme lorrain qui signifie "traîner dehors, se promener". Très approprié pour les chats.
Derniers Commentaires